Biographie

Lucille Guillier est une artiste autodidacte vivant dans l’ouest de la France, en Bretagne.

Après un parcours professionnel dans l’ingénierie environnementale et paysagère, Lucille décide de développer son interprétation artistique de ces thématiques, sensible à la beauté des choses simples du monde naturel.

Dans la création de ses tableaux, l’artiste utilise le prisme de l’eau pour créer un contraste fort entre formes suggérées et détails, entre le flou et le précis. Les paysage ainsi évoqués se trouvent à mi-chemin entre rêves et réalité, entre formes tangibles et visions déformées. Cette frontière floue invite l’observateur à se laisser envelopper par ces ambiances et son ressenti.

L’artiste souhaite, à travers sa production, œuvrer à la reconnexion du spectateur avec son environnement, le poussant à développer sa sensibilité envers les éléments naturels qui l’entourent au quotidien.

Démarche artistique

Le lien au vivant, au temps & à la réalité par le prisme de l’eau

Une enfance dans l’art.

« L’art a toujours été au cœur de ma vie ». Issue d’une famille de musiciens et de plasticiens, l’artiste se tourne naturellement vers l’art dès son plus jeune âge. Elle pratique alors le chant classique en horaires aménagés au conservatoire de Rennes puis au conservatoire d’Angers. Étudiante brillante et passionnée par le monde naturel, Lucille Guillier s’oriente vers un autre domaine artistique : l’art du paysage, en intégrant l’institut d’Horticulture et du Paysage d’Angers. C’est là-bas qu’elle y découvre l’art pictural et la représentation de la nature dans la peinture. « J’y ai découvert un nouveau moyen d’expression me permettant de traduire mon lien à la nature ».

L’artiste commence donc par le dessin de paysages, illustrant ses rapports et études des paysages avec ses propres créations.

Depuis cette introduction, l’artiste ne cessera de représenter la nature sous toutes ses formes.

La forêt comme cadre, l’eau comme prisme

« La forêt a toujours été mon endroit ressource. Dès que j’ai eu mon permis de conduire, mon premier trajet ne fut pas d’aller retrouver mes amis, comme beaucoup l’auraient fait, mais de prendre la direction de la forêt ». Ce lien au paysage, à l’arbre et à la forêt pousse l’artiste a établir son atelier en lisière de forêt de Rennes. C’est dans cet endroit, un jour de pluie bretonne que l’artiste découvre une vision déformée des arbres, à travers des gouttes d’eau qui ruissellent sur une fenêtre. Aussitôt happée par cette vision entre le flou et le précis, les formes suggérées et les détails transformés, l’artiste en fera son sujet maître. Les paysages ainsi évoqués se trouvent à mi-chemin entre rêves et réalité, entre formes tangibles et visions déformées. Cette frontière floue invite l’observateur à se laisser envelopper par ces ambiances et son ressenti.

Eloge de la lenteur

« Mes inspirations je les trouve dans mon quotidien, dans ce qui peut paraître banal et anecdotique. C’est là que se cache la beauté » Le travail de l’artiste invite le spectateur à se pencher sur les détails. Les détails du tableau bien sur mais aussi et surtout au-delà. C’est une invitation à redécouvrir son environnement quotidien, à l’émerveillement du simple, à reprendre possession du temps. « Dans notre société de l’immédiateté et de la course après le temps, nous avons perdu le droit à l’ennui et le droit à ralentir pour s’abandonner à l’observation ». En prenant le temps de peindre ces moments fugaces et en les transcrivant en œuvres d’art, l’artiste s’oblige et oblige l’observateur à prendre le temps de regarder. L’artiste dépeint une relation à la nature quotidienne, évitant le grandiose ostentatoire pour la simplicité du proche. « J’espère vraiment que, par mon travail, plus de temps sera donné à la contemplation. Des personnes reconnaîtront un de mes tableaux sur leur fenêtre et s’arrêteront quelques minutes pour l’observer. »

Cet éloge de la lenteur se traduit également dans la temporalité de réalisation des œuvres de l’artiste. Une des questions fréquentes que l’artiste rencontre concerne le temps de réalisation. « C’est une question à laquelle il m’est très difficile de répondre. Entre les étapes de recherche, de photographie, de retouche et enfin de transcription en peinture cela peut se compter en semaines ou en mois. J’aime l’idée de dédier autant de temps à la transcription d’un moment si éphémère que de l’eau glissant sur une fenêtre.»

Réalité.s

« J’aime la distorsion de la réalité. Ou plutôt comment différentes réalités peuvent exister dans un même instant ». Pour l’artiste, l’image déformée par l’eau est tout aussi réelle que celle de la vision directe de l’objet. Chaque goutte d’eau présente une réalité du paysage qu’elle traduit.

« Ce travail me fait beaucoup réfléchir aux relations humaines. Nous vivons tous dans le même monde, en faisant société. Nous sommes hyperconnectés et informés mais il est de plus en plus difficile pour chacun d’accepter des visions du monde qui diffèrent, bien que celles-ci soient tout aussi réelles. » Outre la reconnexion à la nature à travers ces formes organiques, l’artiste invite également l’observateur à remettre en cause ses certitudes sur le rapport au monde et aux autres. Où s’arrête le certain et où commence le doute ? Dans quelle mesure notre perception du monde peut-elle être transformée ?

Artiste palette et pinceaux

Lucille Guillier fait l’éloge de la contemplation. Par les formes organiques de l’eau qui transforment les paysages elle trouve un moyen de questionner notre rapport au temps, à la nature et aux autres.